L’éléphant Barry, la Côte d’Ivoire championne

Métro Château-Rouge – Paris 18ème – Dimanche 8 février 2015 – 23h45

A l’heure où le boulevard Barbès reprend habituellement son souffle les dimanches soirs d’hiver, de véritables scènes de liesse viennent perturber le silence dominical de ce qui promet être une nuit mémorable pour tout le peuple ivoirien. Hommes, femmes, enfants, agitent drapeaux et fanions tricolores aux abords de la station de métro Château-Rouge. Les klaxons des voitures retentissent de Barbès à la Porte de Clignancourt. Après vingt-trois ans d’attente et de déceptions, les éléphants décrochent leur deuxième titre continental, emmenés par le néo-sélectionneur Hervé Renard, habitué de la compétition pour l’avoir remportée en 2012 lors de la fameuse épopée de l’équipe de Zambie, déjà en Guinée équatoriale et contre la Côte d’Ivoire, et par un gardien au bord de la rupture et en état de grâce lors d’une séance de tirs aux buts qui restera dans les mémoires.

L’ombre d’un doute

On s’est demandé jusqu’au bout si cette CAN 2015 aurait bien lieu. Désistement du Maroc, pays organisateur, spectre d’Ebola planant sur le continent, et choix contesté de la Guinée équatoriale pour accueillir l’évènement auront fait planer le doute jusqu’au coup d’envoi de la compétition. Après un premier tour de piètre facture, des matchs nuls en veux-tu en voilà, peu de buts, des stades vides et une faible exposition médiatique en France, il était espéré que le second tour et les matchs à élimination directe relancent quelque peu l’intérêt de la compétition. La phase finale sera marquée par un derby du Congo renversant, un tirage au sort cruel pour les maliens et un arbitrage contestable et contesté lors des apparitions du pays hôte. Ayant survolé la compétition, c’est finalement sans surprise que Ghana et Côte d’Ivoire se retrouvent en finale.

A la sortie de la bouche du métro Château-Rouge, Mokhtar, Cheik et Tommy, tout de orange vêtus, interpellent les passants, le sourire au lèvre, comme délivrés d’une malédiction qui pesait sur leurs épaules depuis leur naissance. Tommy et Mokhtar, 17 et 21 ans n’étaient pas nés le 26 janvier 1992, quand la Côte d’Ivoire de Basile Aka Kouamé remportait à Dakar son premier titre de champion d’Afrique, déjà contre le Ghana aux tirs aux buts.

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Tommy, Mokhtar, Cheik et leurs amies

Après vingt-trois ans d’attente, la Côte d’Ivoire remporte sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations. Quel sentiment prédomine à cet instant ?

-Cheik : La joie, le sourire, le bonheur ! C’est une délivrance. La chance a tourné.

-Tommy : C’est la fin du goumin-goumin*, la fin de la tristesse. Après tous les malheurs que nous avons traversés, tous les espoirs que nous avons placés dans la sélection et toutes ces déceptions, c’est un juste retour des choses.

-Mokhtar : On en avait marre d’aller en finale, sans jamais gagner.

L’issue de cette finale était très incertaine. Un match fermé, haché par les nombreuses fautes (54 au total). Et du brouillard a surgi Barry Copa. Un symbole pour cette sélection ivoirienne ?

-Cheik : Oui c’est sans aucun doute le héros de cette finale. C’est le seul match qu’il a joué. Il a profité de la blessure Gbohovo et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a été à la hauteur de l’évènement.

-Tommy : Il a été éléphantesque !

-Cheik : C’est monsieur Boubacar Barry Copa !

-Mokhtar : Et tu as vu ses larmes à la fin ? Ces larmes ce sont les larmes des éléphants de la Côte d’Ivoire, les larmes du peuple ivoirien. Des larmes de soulagement et de joie qui marquent la fin d’une attente interminable.

Vidéo : L’émotion de Barry Copa à la fin du match

Le Ghana s’est procuré de belles occasions, heurtant les montants ivoiriens à deux reprises. Avez-vous senti que le match aurait pu basculé ?

-Mokhtar : J’avais la certitude que non. Même après avoir touché les poteaux par deux fois, j’ai senti au contraire que la chance était avec nous. Je n’ai pas eu peur. Même quand nous avons manqué nos deux premiers tirs aux buts. La Côte d’Ivoire allait gagner. C’était écrit.

-Cheik : Sincèrement le Ghana n’a pas démérité. Les tirs aux buts c’est une histoire de chance. Aujourd’hui elle était avec nous.

Vous avez de la famille en Côte d’Ivoire ? Savez-vous quelle est l’ambiance là-bas au moment où je vous parle ?

-Tous en chœur : Ils ne répondent pas !!

-Tommy : On vit là-bas ! Notre famille est là-bas. Si tu veux tu peux nous aider à payer le billet d’avion. Je rentre tout de suite pour fêter ça avec eux.

-Cheik : Ils n’ont pas le temps ! Ils font la fête, ils crient. On n’entend rien. J’ai essayé d’appeler ma mère à Abidjan, le réseau est saturé.

-Mokhtar : Ils font la fête. Demain c’est férié là-bas. Notre président Alassane Ouattara a décrété que demain serait un jour férié en l’honneur de nos joueurs.

L’absence de Didier Drogba, jeune retraité, vous a-t-elle inquiété avant le début de la compétition ? Vous remportez finalement la compétition sans lui.

-Mokhtar : Je n’étais pas trop inquiet, non. Le changement de sélectionneur coïncide avec cette transition. Des joueurs expérimentés comme Romaric, Zokora, ou Drogba ont laissé leur place. La relève est bonne. Nous avons Bony et Doumbia. Didier Drogba reste un modèle pour le football ivoirien, mais il ne nous a jamais porté chance.

– Cheik : Le phénomène de la star omniprésente en sélection n’a jamais été de bon augure. Cela a même tendance à pénaliser l’équipe. Regarde Samuel Eto’o avec le Cameroun.

Que pensez-vous du travail d’Hervé Renard, déjà vainqueur de la compétition avec la Zambie, et qui a pris les rênes de la sélection il y a seulement six mois ?

-Tommy : Eléphantesque Maître Renard ! (Rires)

-Mokhtar : Je le soutiens à 200%, à 300%, à 1000%. Il nous a donné la coupe. Il est venu, il a pris la coupe et il a dit : « Tenez, c’est pour vous. »

-Cheik : J’ai vu sa tête, je me suis dit qu’il allait ramener la coupe. Il avait déjà de l’expérience avec la Zambie. Il est français, non ?

Et cette prolifération de sélectionneurs étrangers à la tête d’équipes africaines, qu’en pensez-vous ?

-Cheik : Ça ne me dérange pas, non. Il faut reconnaître que les entraîneurs étrangers se font plus facilement respecter et ont plus d’expérience que les locaux. C’est la réalité. Lorsqu’un entraîneur ivoirien est à la tête de la sélection tu entends toujours des histoires d’argent. La fédération ne veut pas dépenser, alors elle paye mal, voire pas du tout. Il y a pas mal de problèmes d’argent lorsque l’on fait les choses entre nous. L’arrivée d’un sélectionneur étranger apporte sérieux et professionnalisme. La venue d’un entraîneur étranger implique un engagement de la part de la fédération, sinon il s’en va.

-Mokhtar : Nous avons eu un sélectionneur ivoirien il y a deux ans (François Zahoui, ndlr). C’était une catastrophe. Donc non ça ne me dérange pas.

-Tommy : D’ailleurs j’en profite pour exprimer une pensée très personnelle. Les entraîneurs sont européens, les joueurs jouent en Europe. Je ne comprends pas trop pourquoi on appelle ça la Coupe d’Afrique. Elle n’a d’africain que le lieu où elle se déroule.

Vous imaginez-vous déjà jouer les premiers rôles lors de la Coupe du monde 2018 en Russie ?

-Tommy : Savourons ce titre. Prenons la semaine pour penser aux bonnes choses qui viennent d’arriver. Cela ne durera pas éternellement.

-Cheik : La CAN et la Coupe du monde sont deux compétitions totalement différentes. Nous allons profiter de l’instant présent.

La nuit ne fait que commencer j’imagine, qu’allez-vous faire à présent ?

-Tous en chœur : la fêêêêête !!

-Mokhtar : Je pense qu’on va aller voir ce qui se passe à Château d’eau. Il y a de l’ambiance là-bas.

-Cheik : Moi je suis épuisé. Je suis passé par trop d’émotions. Je vais bientôt aller dormir.

-Tommy : Moi j’ai cours à 8h demain, en plus c’est TD. Je ne peux pas être absent. Mais bon si je dois demander un mot d’excuse à ma mère je crois qu’elle sera d’accord pour écrire « Mon fils a fêté la coupe toute la nuit, excusez-le ».

Si habituellement l’éléphant, content, barrit ; cette nuit, une nuit sans étoiles, de Bata à Abidjan, en passant par Paris, l’éléphant Barry.

M.R

*Expression Nouchi (argot ivoirien) le goumin-goumin est synonyme de chagrin d’amour.

Gillot vs JLo

A quelques jours des vacances, alors que les acteurs de notre bonne vieille ligue 1 préparent leurs valises pour Rio, très peu, Rion ou Riyad, Francis Gillot a lui la tête dans les cartons. La faute à un retour au bercail inattendu du castillan de la Castellane, prêt à squatter un banc qu’il a eu peu l’occasion de fréquenter tout au long de sa carrière. Robert Parker a tranché, et la note du natif de Villers-Sire-Nicole ne dépasse pas la moyenne. Si certains déclarent : « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse », il semble qu’un joli tonneau de 41 ans d’âge soit toujours plus sexy qu’une bouteille plastique. Qui se priverait d’une telle expérience de terrain ? Le Elie Baup du riche, embrassera-t-il le destin de l’homme à la casquette, voguant de Bordeaux à Marseille en passant par Saint-Etienne puis Canal +, faisant un détour par la case fraude fiscale ? C’est tout le malheur qu’on ne lui souhaite pas.

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Hasard des quartiers riches de la perle d’Aquitaine, Francis Gillot avait, à son arrivée, emménagé dans la luxueuse résidence située dans le quartier Caudéran que Zizou occupait lors de son passage à Bordeaux. Des cheveux de l’idole de Madrid avaient alors été retrouvés par la femme de ménage de Francis Gillot qui avait par la suite tenté de les vendre sur E-bay (Voir : Une femme de ménage bordelaise fait fortune sur E-Bay). Ce qui mit la puce à l’oreille de la rédaction de Sud-Ouest fut le tweet posté ce dimanche par l’entreprise de déménagement Les Déménageurs Bretons, pourtant réputée pour sa discrétion. (Voir : Tellement discrets, deux déménageurs pris pour des cambrioleurs et tués de sang froid)

Toujours selon Sud-Ouest, Zinedine Zidane aurait fait de cette résidence une condition sine qua none pour envisager un retour chez les girondins. Et c’est Bixente Lizarazu, qui donne actuellement des cours de surf à Christian Jeanpierre sur la côte landaise en vue de la coupe du monde au Brésil, qui s’est chargé d’annoncer la nouvelle à l’ancien joueur du FC Montauban. Liza aurait déclaré à son ancien collègue de Téléfoot, David Astorga, « Comment a-t-il pris la nouvelle ? Imagines la tête de Christophe Jallet en apprenant que Daniel Alves a réservé trois jours au Bristol pour le week-end de l’Ascension. »

On a beau prôner une certaine dose d’humanité dans le football, le constat d’échec est indéniable. Pour le millésime 2013-2014 on pencherait plus pour une piquette de fin de tableau qu’un grand cru (bien) classé. Si la coupe était belle l’an passé face à Evian, elle est pleine cette année. Un lendemain de cuite qui s’éternise toute une saison. Il est loin le temps des Zidane, Lizarazu, Duggary, Witschge, de l’épopée européenne de 1996, elle est oubliée l’époque de l’équipe du Président, des Gourcuff et Chamakh, et leur beau parcours en Ligue des Champions. Depuis 2010 c’est bouillie bordelaise. Le temps est devenu maussade dans l’estuaire de la Gironde. Francis s’est empêtré dans une situation inextricable, il navigue à vue, et force est de constater que le Gillot de sauvetage, qui avait fait ses preuves à Metz, à Lens puis Sochaux n’est plus étanche. Une 7eme place, pas de trophée, et donc pas de coupe d’Europe l’an prochain. Difficile de rivaliser avec les gros. Une saison de plus sur le banc girondin n’aurait choqué personne, mais voilà, le monsieur coup-franc du Parc Lescure frappe à la porte, et qui oserait ignorer l’appel du génie ? Un prophète en son pays qui dispose d’un C.V et d’un carnet d’adresse digne des pages jaunes. Malgré l’inexpérience managériale, difficile de le laisser filer. La maison girondine a besoin de redorer son image. Qui d’autre qu’un produit de la maison pour tenter de donner un nouvel élan à ce club historique ?

D’après une source interne à la DICOM (Délégation à l’information et à la communication), le Ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, et Alain Juppé, Maire de Bordeaux, devraient accueillir le prodige français sur le tarmac de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, ce mercredi. Pour mémoire, le retour de Zidane dans le chef-lieu du département de la Gironde avait été l’un des principaux thèmes de campagne d’Alain Juppé, élu pour la quatrième fois, au premier tour des élections municipales. D’autres sources proches du dossier ont évoqué un retour de l’enfant du pays, afin d’obtenir davantage de visibilité à l’horizon de la coupe du monde. En effet, une arrivée avant le 13 mai, date de l’annonce des 23 par Didier Deschamps, laisserait entrevoir une petite chance au natif de Marseille de rallier Rio, à l’instar de Djibril Cissé, qui lui ne devrait pas quitter l’île de beauté. Enfin, certaines informations ont fuité du monde normalement très fermé des agents de joueurs. Le retour de Fabien Barthez aurait été évoqué pour remplacer un Carrasso grossissant. En conversation avancée avec le néo-coach bordelais, Paul Pogba aurait également été aperçu chez un caviste à deux pas de l’opéra national de Bordeaux.

Bilan de la partie de Destin, le jeu de la vie : diplômé avec mention, ça se passe bien à Bordeaux, en trois ans tu remportes une coupe de France, une coupe de la Ligue et tu qualifies Bordeaux pour la ligue des champions en finissant deuxième à 2 points de Paris, tu as fait tes preuves façon Laurent Blanc certes, mais tu as l’avantage d’avoir déjà squatté le banc de Madrid en tant qu’apprenti, tu signes donc à la Juve, en remplacement de Rudi Garcia qui n’aura pas réussi à insuffler sa grinta romaine dans un vestiaire convoité par Andrea le magnifique, mais malheureusement ton image est ternie par une affaire de dopage datant de 1998 qui te rattrape, tu dois démissionner et le monde du football te tourne le dos, seule l’AS Cannes, t’ouvre ses portes, outre-Pyrénées Carlo Ancellotti qui a réalisé le triplé Coupe, Championnat, Ligue des Champions, 6 années de suite, finit par décéder en pleine séance vidéo, tu es appelé par Florentino Perez Junior, qui tente un coup de poker en te propulsant sur le banc madrilène, tu fais jouer tes 4 fils et te permets même quelques entrées furtives en fins de match et remportes la coupe du Roi, monarque qui t’anoblit le soir même. A 75 ans, sénile, tu te vois proposer l’équipe de France. La génération 2025 est turbulente, tu te fais marcher dessus, insulter, et tes coups de boule n’ont plus la vigueur de 2006. Éliminé au premier tour de la coupe du monde en Nouvelle-URSS, tu te retires de la scène footballistique avec un de ces discours dont tu n’as jamais révélé le secret.

M.R

Arsène rendrait-il les armes ?

L’armurier alsacien le plus célèbre de la City est clairement en rade de poudre. Après un recrutement osé et un départ canon, Arsenal est tombé dans le ventre (du) mou dans la lutte pour le titre. Et ses joueurs lui ont offert pour sa millième, une farce nulle, avec pour scène, Stamford Bridge. Ajoutez à ça une mi-mars naze, une élimination dans la course à la coupe aux arceaux par une Kartofel Army intouchable et les différentes sorties dans la presse du Harcèle Wenger lusitanien, on espérait un Arsène vengeur. Mais de W comme Wendetta il n’y eut pas.

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Papi Arsène n’a pas Santi le piège et s’est entêté à titulariser Olivier, plus à l’aise sur la couv’ de Têtu qu’à la pointe de l’attaque des gunners. Abou de forces, à la recherche d’un titre depuis bientôt dix ans, Arsène n’a plus la Walcott auprès du public londonien, qui ne peut plus le Mertesacker. La Grosse Bertha Podolski n’a plus sa précision d’antan et ses enfants adoptifs Aaron et Jacky (In Arsène We) trustent une infirmerie dans laquelle il fait si bon vivre, qu’une fois à l’intérieur ils ne la quittent plus. Ce qui semblait être un véritable arsenal de guerre fin 2013, fait aujourd’hui office de vulgaire boîte de pétards mouillés datant d’un 14 juillet déjà lointain.

Ne serait-ce pas le moment de laisser la place ? Au moins, de revoir sa méthode ? Supporteur depuis une décennie et demie, footix certainement, mon ulcère est tellement gros que je m’empêche de regarder les matchs contre les équipes majeures de Premier League.

Ne serait-ce pas le moment opportun pour le technicien français de jouir d’une retraite bien méritée, dans son pays natal, à profiter de Gibbs au barbecue, de balades à bord de sa Flamini Austin de collection, rehaussée spécialement pour lui, à passer ses dimanches à Ramsey des champignons dans la forêt jouxtant son domaine, en compagnie de Frédéric Mitterrand ? Doté d’un Koscielny intellectuel de 150, d’après le Sun, l’alsacien devrait être assez malin pour laisser la place à la fin de la saison et pourquoi pas finir en beauté à l’ASNL, en guise d’ultime décrassage.

Manquerait plus qu’une Szczęsny des huissiers chez Arsène et son compte serait bon. Ozil de fous, terminé, bonsoir. Peu importe la destination du dandy vénère, Ars-en-Ré ou Ars-Lequenexy dans son Est natal, j’espère que l’arsouille ne fera pas de connerie, l’arsenic n’étant pas la solution à 10 années sans titre.

M.R